Les conditions de la naturalisation en 2026
Pour être naturalisé, il faut en général avoir 18 ans, 5 ans de résidence habituelle en France (Code civil, art. 21-17), un titre de séjour valide, des revenus stables, être « de bonnes vie et mœurs », avoir réussi l’examen civique et le niveau B2 en français. Ces 5 ans peuvent être réduits. L’administration décide au cas par cas.
1. Les conditions, en un tableau
La naturalisation par décret est régie par les articles 21-15 à 21-27 du Code civil. Depuis le 1er janvier 2026, le décret n° 2025-648 a ajouté l’examen civique et relevé le niveau de langue à B2.
| Condition | Ce qui est demandé | Texte |
|---|---|---|
| Âge | 18 ans ; la demande est possible dès 17 ans | service-public.gouv.fr, F2213 |
| Résidence | Résidence habituelle en France pendant les 5 ans qui précèdent le dépôt, et à la date de signature du décret | Code civil, art. 21-17 et 21-16 |
| Séjour régulier | Titre de séjour valide au dépôt (sauf UE, EEE et Suisse) ; pas de séjour irrégulier, d’arrêté d’expulsion ni d’interdiction du territoire | Code civil, art. 21-27 |
| Assimilation | Examen civique mention naturalisation, entretien en préfecture, signature de la charte des droits et devoirs du citoyen français | Code civil, art. 21-24 ; décret n° 93-1362, art. 37, 37-1 et 41 |
| Langue | Niveau B2 à l’oral et à l’écrit | Code civil, art. 21-24 ; décret n° 93-1362, art. 37 |
| Ressources | Revenus stables et suffisants pour vous et votre foyer fiscal | service-public.gouv.fr, F2213 |
| Moralité | Être de bonnes vie et mœurs, sans condamnation qui fait obstacle | Code civil, art. 21-23 et 21-27 |
2. La durée de résidence : 5 ans, 2 ans ou aucune
En principe, il faut 5 ans de résidence habituelle en France immédiatement avant la demande (art. 21-17). La loi prévoit deux exceptions.
- 2 ansAprès 2 années d’études supérieures réussies en France en vue d’un diplôme ; pour des services importants rendus, ou pouvant être rendus, à la France ; ou pour un parcours exceptionnel d’intégration (civique, scientifique, économique, culturel ou sportif).Source : Code civil, art. 21-18
- Sans durée minimalePour des services militaires ou un engagement en temps de guerre ; pour des services ou un intérêt exceptionnels, après avis du Conseil d’État ; pour les réfugiés ; et pour les ressortissants de pays francophones qui appartiennent à l’entité culturelle et linguistique française (français langue maternelle ou au moins 5 ans de scolarité en français).Source : Code civil, art. 21-19 (4°, 6° et 7°) et 21-20
Résider habituellement en France, c’est y avoir le centre de ses intérêts matériels (notamment professionnels) et familiaux. Un conjoint ou des enfants restés à l’étranger peuvent justifier un refus.
Résidence habituelle : ce qui compte vraiment3. Ressources et moralité
Il faut des revenus stables et suffisants pour subvenir à vos besoins et à ceux de votre foyer fiscal. La circulaire du 2 mai 2025 a durci l’appréciation de cette condition. Les critères chiffrés qui circulent en ligne (durée d’activité, type de contrat, montant minimum, prestations exclues) ne figurent pas dans les sources officielles que nous avons pu lire : ne les prenez pas pour des règles.
Une condamnation à 6 mois de prison ferme ou plus, ou une condamnation pour atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou pour terrorisme, fait obstacle à la naturalisation, sauf réhabilitation ou exclusion de la mention au bulletin n° 2 du casier judiciaire (art. 21-23 et 21-27).
4. Marié·e à un Français : la déclaration
La nationalité par mariage n’est pas une naturalisation : c’est une déclaration (Code civil, art. 21-2). Il faut au moins 4 ans de mariage à la date de la déclaration. Ce délai passe à 5 ans si vous ne justifiez pas d’au moins 3 ans de résidence ininterrompue et régulière en France depuis le mariage, ou si, pendant la vie commune à l’étranger, votre conjoint n’était pas inscrit au registre des Français établis hors de France. La communauté de vie, « tant affective que matérielle », ne doit pas avoir cessé.
Le niveau B2 est demandé pour les déclarations souscrites depuis le 1er janvier 2026, sans examen civique. Le droit de timbre est aussi de 255 €. Le ministre a 1 an à partir du récépissé pour refuser l’enregistrement (art. 26-3). Le Gouvernement peut aussi s’y opposer, pour indignité ou défaut d’assimilation autre que linguistique, dans les 2 ans (art. 21-4).
5. Déposer la demande
- En ligne, sur l’ANEFC’est le cas général. Le dépôt par courrier n’est possible qu’en cas d’impossibilité attestée ; la Guyane et certains territoires d’outre-mer ont des règles propres.Source : service-public.gouv.fr, R60835
- Un droit de timbre de 255 €Payé par timbre fiscal (127,50 € en Guyane).Source : Code général des impôts, art. 958
- Le récépisséIl est remis quand le dossier est complet. C’est lui qui fait courir le délai de décision.Source : Code civil, art. 21-25-1
- Besoin d’aide ?Centre de contact citoyens - Nationalité : 0806 001 620, du lundi au vendredi de 9 h à 17 h.
6. Après le dépôt
Si la demande est recevable, vous êtes convoqué·e, une fois les enquêtes reçues, à un entretien d’assimilation en préfecture. Apportez les originaux de vos documents ; vous signez la charte des droits et devoirs du citoyen français à la fin. Une absence sans motif légitime peut entraîner un classement sans suite.
L’administration a 18 mois au maximum à partir du récépissé pour décider. Ce délai est de 12 mois si vous avez votre résidence habituelle en France depuis au moins 10 ans à la date du récépissé. Il peut être prolongé une fois, de 3 mois, par une décision motivée (art. 21-25-1).
Le décret de naturalisation prend effet à la date de sa signature et il est publié au Journal officiel. Les enfants mineurs mentionnés dans le décret deviennent aussi français. En cas de refus, un recours administratif auprès du ministre, dans les 2 mois, est obligatoire avant tout recours devant le tribunal administratif de Nantes.
Remplir les conditions ne garantit pas la naturalisation : l’administration apprécie chaque dossier.
Préparer l’entretien : questions et entretien blancSources
- service-public.gouv.fr, F2213 : naturalisation par décret
- service-public.gouv.fr, F2726 : Déclaration de nationalité française par mariage
- service-public.gouv.fr, F39426 : Naturalisation française : comment passer l’examen civique ?
- service-public.gouv.fr, F11926 : niveau de français demandé pour la nationalité
- service-public.gouv.fr, R60835 : demande de naturalisation en ligne (ANEF)
- Code civil, art. 21-2, 21-4, 21-15 à 21-27 et 26-3
- Décret n° 2025-648 du 15 juillet 2025 (nationalité), modifiant le décret n° 93-1362
- Circulaire du 2 mai 2025 (Légifrance)
- Code général des impôts, art. 958
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